
La controverse provoquée par la suspension des activités académiques à Goma et Bukavu révèle une nouvelle fois les lignes de fracture du débat politique Congolais sur la guerre d’ agression dans l’Est. En dénonçant une « injustice flagrante » envers une Jeunesse déjà meurtrie par la guerre d’agression Rwandaise et en estimant que cette décision consacrerait une « balkanisation de fait » de la République Démocratique du Congo, Moïse KATUMBI a choisi une formulation d’une extrême gravité, que l’Honorable Patrick KATENGO juge à la fois excessive et politiquement irresponsable. Pour ce dernier, la vigueur d’une opposition ne saurait dispenser ses protagonistes de mesurer la portée de leurs mots, particulièrement lorsque le Pays fait face à une guerre d’ agression dont les conséquences dépassent largement le cadre d’une simple controverse gouvernementale. Dans un contexte où Kinshasa et la communauté internationale accusent le Rwanda de soutenir des forces armées opérant dans l’Est du territoire national, parler de « balkanisation de fait » reviendrait, selon le Président du Forum National de la Jeunesse Patrick KATENGO, à installer dans le débat public l’idée d’une désintégration territoriale déjà consommée. C’est précisément cette lecture qu’il récuse avec fermeté, estimant qu’elle risque de brouiller les responsabilités, d’affaiblir la cohésion nationale et de fournir à l’adversaire Rwandais des arguments qu’il pourrait exploiter sur le terrain diplomatique et politique. Le recadrage de Patrick KATENGO ne porte donc pas sur le droit de critiquer l’action du pouvoir, mais sur ce qu’il considère comme une ligne rouge : dénoncer l’Etat sans contribuer, même involontairement, à la rhétorique de ceux qui contestent la souveraineté Congolaise notamment KIGALI. Il invite donc l’opposant Congolais Moïse KATUMBI à la raison et à quitter les déclarations épidermiques.
