
La controverse autour de la suspension des activités académiques dans les établissements publics d’enseignement supérieur de Goma et de Bukavu prend une dimension politique particulière dans le contexte de l’agression rwandaise qui frappe l’Est de la République Démocratique du Congo. L’Honorable Patrick KATENGO, Président du Forum National de la Jeunesse, oppose une fin de non-recevoir à la lecture défendue par Francine Muyumba, dont les critiques contre la décision gouvernementale ne tiennent pas suffisamment compte, selon lui, de la réalité sécuritaire imposée par la guerre. Dans son argumentaire, il ne s’agit pas de sacrifier l’éducation de la jeunesse congolaise, mais de reconnaître une évidence : aucune université ne peut fonctionner normalement lorsque la sécurité des étudiants, des enseignants et des infrastructures est directement compromise par un conflit armé. Goma et Bukavu sont des villes congolaises ; leurs étudiants sont des citoyens congolais ; leur avenir appartient pleinement à la République. Mais la préservation de cet avenir exige d’abord la défense du territoire national et la protection des populations exposées aux conséquences de l’agression rwandaise. Pour Patrick KATENGO, le débat ne peut donc être artificiellement extrait de son contexte : le Rwanda est l’agresseur, la RDC défend son intégrité territoriale, et toute analyse politique sérieuse doit partir de cette réalité sécuritaire plutôt que de la contourner.
Cette position conduit Patrick KATENGO à récuser avec une particulière fermeté la posture de Francine Muyumba, qu’il considère comme dangereusement déconnectée des impératifs de défense nationale et comme susceptible, par ses prises de position, de servir les intérêts de ceux qui fragilisent la République. Jusqu’à la qualifier d’« ennemie de la République », le Président du Forum National de la Jeunesse assume une critique sans détour, estimant qu’en période d’agression, la responsabilité politique commande d’abord la cohésion nationale, la défense de la souveraineté et le soutien aux institutions engagées dans la protection du territoire. La question universitaire demeure essentielle, mais elle ne peut être dissociée de la guerre que subissent les populations de l’Est. L’État congolais doit certes préserver le droit à l’éducation et préparer la reprise des activités académiques dès que les conditions le permettront ; mais il doit simultanément faire face à l’agression rwandaise, restaurer son autorité et garantir la sécurité des citoyens. Pour Patrick KATENGO, l’urgence nationale est donc claire : ne laisser ni la guerre ni les divisions politiques affaiblir la République. Face à l’agresseur rwandais, la jeunesse congolaise ne doit pas être abandonnée ; elle doit être protégée, encadrée et préparée à devenir l’une des forces de la reconstruction nationale. C’est dans cette articulation entre sécurité, souveraineté et avenir de la jeunesse que se situe, selon lui, la véritable responsabilité patriotique.
