
À Tshamalale, les propriétaires terriens ne veulent plus être les victimes silencieuses d’un conflit foncier qui dure depuis trop longtemps et dont les conséquences frappent directement leurs familles, leurs habitations et leur patrimoine . Depuis des années, leur revendication se heurte à un interminable enchevêtrement administratif et judiciaire, dans lequel les responsabilités semblent se renvoyer de service en service, pendant que la situation sur le terrain demeure inchangée. Les habitants dénoncent une véritable spoliation de leurs terres ancestrales et fustigent ce qu’ils décrivent comme un système de pressions, de complicités et de renvois qui aurait permis à l’affaire de s’éterniser au détriment des populations locales. La décision annoncée par l’Archidiocèse de Lubumbashi de procéder à la démolition des maisons construites sur une concession qu’il revendique comme sa propriété privée constitue, pour les autochtones, une nouvelle ligne rouge. Ils refusent catégoriquement de voir leurs habitations menacées sur une terre qu’ils considèrent comme l’héritage de leurs ancêtres. Leur cri de détresse s’adresse désormais directement au Président Félix-Antoine TSHISEKEDI : ils lui demandent de faire intervenir l’autorité de l’État afin que cesse cette situation et que les droits des populations autochtones soient effectivement protégés.
Le dossier comporte en outre un élément que les autorités ne peuvent plus ignorer. JOSEPH, représentant des autochtones de Tshamalale, affirme que plusieurs décisions et actes issus notamment du ministère de la Justice, de la Cour de cassation et des services de conservation des titres immobiliers ont consacré ou reconnu des droits en faveur des villageois sur 119 hectares situés dans la partie hors conflit. Pour les autochtones, ces éléments constituent un fondement majeur de leur revendication et démontrent que leur cause ne saurait être réduite à une simple contestation populaire dépourvue de base juridique. Dès lors, la question fondamentale est celle de l’application effective du droit : si des décisions exécutoires et des documents fonciers établissent les droits revendiqués par les habitants, aucune puissance institutionnelle ne devrait pouvoir les neutraliser par la durée, l’inertie administrative ou des rapports de force. Tshamalale met ainsi l’État face à son obligation de protéger les citoyens les plus exposés et de garantir que la propriété, la justice et les décisions des institutions ne soient pas à géométrie variable. Les autochtones ne demandent pas un privilège : ils réclament la reconnaissance et la protection de leurs droits. Il appartient désormais aux autorités compétentes, sous l’impulsion du Chef de l’État, de faire toute la lumière sur les titres, de faire respecter les décisions régulièrement rendues et de préserver les familles de Tshamalale contre toute démolition ou expulsion irrégulière. À Tshamalale, l’heure n’est plus aux tergiversations : l’heure est à la justice, à la vérité foncière et à la protection des autochtones.
