
La séquence politique que traverse l’Action pour la Rupture et le Développement (ARDEV) dessine, au fil des prises de position, une réalité difficile à ignorer : le Président Jacques KYABULA KATWE continue de bénéficier de marques publiques de fidélité et de soutien provenant de plusieurs structures du parti à travers le Pays. Après les fédérations du Haut-Katanga et du Tanganyika, qui avaient déjà affiché leur position, celles du Maï-Ndombe et du Maniema viennent, depuis Kinshasa, de réaffirmer leur attachement à la direction incarnée par Jacques KYABULA KATWE, par la voix de leurs secrétaires fédéraux.
Cette succession de déclarations confère désormais à la contestation interne une dimension nationale et place les frondeurs face à une équation politique autrement plus complexe que celle d’un simple rapport de forces au sommet. Leur tentative de marginalisation du Président de l’ARDEV intervient, de surcroît, après un épisode judiciaire à Lubumbashi qui, selon les éléments avancés par ses soutiens, n’a pas produit l’issue escomptée par les contestataires. Dès lors, le contraste est saisissant entre une fronde qui peine à transformer ses ambitions en adhésion collective et une base qui, province après province, revendique publiquement sa fidélité au leadership en place.
Cette séquence pose une question fondamentale sur la nature même du pouvoir au sein d’un parti politique : qui peut véritablement prétendre parler au nom de la base ?
Sur ce terrain, les expressions successives de soutien venues du Haut-Katanga, du Tanganyika, du Maï-Ndombe et du Maniema constituent un signal politique dont il serait imprudent de sous-estimer la portée.
Elles confortent, aux yeux des partisans de Jacques KYABULA KATWE, l’idée que celui-ci demeure la figure de référence de l’ARDEV et le principal porteur de son ambition autour de la rupture et du développement.
La leçon est, dès lors, moins judiciaire que politique : une contestation ne devient pas une alternative simplement parce qu’elle s’autoproclame telle ; elle doit encore convaincre les militants, fédérer les structures et démontrer sa capacité à incarner un projet collectif.
Pour les frondeurs, le temps des invectives devrait ainsi céder la place à celui de l’introspection. Car, en politique, rien n’est plus cruel qu’une dissidence qui découvre, au moment de compter ses soutiens, que la base qu’elle prétendait conquérir est restée fidèle à celui qu’elle voulait écarter.
