
Dans une République soumise à de graves défis sécuritaires et à la menace persistante de l’agression Rwandaise, la cohésion nationale ne devrait souffrir d’aucune ambiguïté. Pourtant, les attaques politiques visant la Gouverneure du Lualaba, Fifi MASUKA, surgissent dans un contexte où la priorité devrait être la consolidation du front national et la défense de l’intégrité territoriale. Ce qui interpelle, dans cette offensive politique contre la batisseuse Fifi MASUKA, n’est donc pas seulement sa virulence, mais surtout son calendrier et les fractures qu’elle risque d’approfondir. Alors que les menaces attribuées au réseau de Corneille NANGAA et à ses soutiens de KIGALI exigent une vigilance accrue, certains acteurs politiques Congolais semblent encore céder à la tentation des querelles de positionnement, des calculs de chapelle et des ambitions personnelles. Or, dans une période aussi sensible de l’ agression Rwandaise, fragiliser une autorité provinciale revient à prendre le risque d’affaiblir l’un des maillons de la stabilité du Grand Katanga. Madame Fifi MASUKA, qui inscrit son action dans la mise en œuvre de la vision du Chef de l’État, mérite que son bilan et sa gouvernance soient soumis au débat démocratique, mais certainement pas que les divergences politiques se transforment en entreprise de déstabilisation institutionnelle. La République a besoin de contradiction, certes, mais d’une contradiction responsable, qui ne confonde jamais compétition politique et affaiblissement de l’intérêt national.
Car le Lualaba dépasse largement le cadre d’une simple bataille provinciale. Par son poids économique, ses ressources stratégiques et sa place dans l’architecture géopolitique du Grand Katanga, cette province constitue un espace dont la stabilité revêt une portée nationale. À ce titre, toute manœuvre susceptible d’alimenter la confusion politique devrait être examinée avec la plus grande gravité, non pour interdire la critique, mais pour empêcher que les rivalités internes ne deviennent les instruments involontaires d’intérêts hostiles à la République. Aux responsables de l’Union Sacrée revient désormais une exigence de responsabilité : savoir distinguer les désaccords légitimes des offensives politiques qui, par leur acharnement ou leur opportunité, pourraient créer des brèches dans le dispositif national de cohésion. L’heure n’est ni aux règlements de comptes ni aux ambitions de carrière ; elle est à la conjugaison des forces, à la consolidation des institutions et à la protection du territoire national. Face à une menace extérieure, une classe politique responsable ne devrait jamais offrir à l’adversaire le spectacle d’une République occupée à se combattre elle-même. Défendre la stabilité du Lualaba, dans ce contexte, c’est donc préserver bien davantage qu’un équilibre provincial : c’est contribuer à maintenir debout le rempart politique, économique et institutionnel dont la République Démocratique du Congo a besoin pour faire face à toutes les tentatives de déstabilisation.
