
Les dernières prises de position de John Kaswamanga suscitent de vives interrogations dans l’opinion nationale, tant elles semblent traduire une persistance dans la fuite en avant après le revers judiciaire enregistré à la Cour d’appel de Lubumbashi dans la bataille qui l’opposait au camp de Jacques KYABULA. Alors que les décisions de justice devraient, dans un État de droit, imposer à chacun retenue, responsabilité et respect des procédures, le président du Comité provisoire de l’ARDEV continue d’afficher une détermination qui apparaît, aux yeux des observateurs avertis, comme un refus de tirer les conséquences politiques et judiciaires de son échec. Le mardi 11 août 2026, au siège de l’ARDEV situé sur l’avenue Mpolo à Lubumbashi, son comité a ainsi poursuivi les préparatifs d’un congrès précédemment reporté, invoquant notamment des considérations politiques liées à la visite du Chef de l’État dans le Chef lieu du Haut-Katanga. Cette démarche, loin d’apaiser les tensions, risque surtout d’entretenir une confusion préjudiciable entre la volonté personnelle de certains responsables et la réalité d’un parti politique appelé à respecter les règles qui encadrent son fonctionnement.
Plus préoccupant encore, la célébration par le Comité provisoire de prétendus « membres clairvoyants » demeurés fidèles à ses idéaux apparaît comme une manière de transformer une contestation interne en opération de communication, au lieu de privilégier l’apaisement et la clarification juridique. À force de vouloir imposer son propre récit de la crise, John Kaswamanga donne le sentiment de perdre de vue une évidence fondamentale : en politique comme en justice, l’obstination ne saurait tenir lieu de légitimité. L’ARDEV ne peut durablement être enfermé dans les ambitions individuelles, les rapports de force et les proclamations triomphalistes de ses différentes factions. La formule « ARDEV, c’est encore possible ! » pourrait certes être un appel à l’espoir, mais elle ne saurait effacer les décisions judiciaires ni les exigences de légalité. Dans un contexte national où le respect des institutions demeure un enjeu majeur, la véritable responsabilité politique commande plutôt de privilégier la lucidité, le droit et l’intérêt collectif, afin que les querelles de personnes ne finissent pas par compromettre durablement l’avenir d’une organisation politique qui mérite mieux que cette interminable confrontation.
