
Dans une charge politique d’une exceptionnelle sévérité, nourrie par les blessures de l’histoire Congolaise et les tragédies persistantes de l’Est, Patrick KATENGO, Président du Forum National de la Jeunesse (FNJ), remet Joseph KABILA au centre d’un débat que les années de pouvoir, les arrangements politiques et les recompositions d’alliances n’ont jamais définitivement clos : celui de ses rapports avec KIGALI et de leurs implications pour la souveraineté de la République Démocratique du Congo. En convoquant les avertissements autrefois formulés par Honoré NGBANDA, ancien conseiller spécial à la sécurité du maréchal MOBUTU, ainsi que les mises en garde politiques d’Étienne TSHISEKEDI WA MULUMBA, figure emblématique de l’opposition congolaise, Patrick KATENGO soutient que les interrogations relatives aux relations entre l’ancien Chef de l’État et le Rwanda méritent aujourd’hui un examen historique rigoureux, à la hauteur des souffrances endurées par le Peuple Congolais. Arrivé au pouvoir en janvier 2001, après l’assassinat de Laurent-Désiré KABILA, Joseph KABILA a dirigé le Pays pendant près de dix-huit ans, une période traversée par des conflits armés, des alliances régionales controversées et une compétition persistante autour des ressources naturelles. Pour le Président du FNJ, ce bilan ne saurait bénéficier d’une immunité politique fondée sur l’ancienneté du pouvoir ou les équilibres diplomatiques d’hier. Il estime qu’aucune lecture sérieuse de la crise Congolaise ne peut faire l’économie d’un examen des choix stratégiques de cette époque, des rapports de force régionaux et des responsabilités susceptibles d’être établies. Son réquisitoire vise ainsi le paradoxe d’un ancien Président dont l’héritage demeure contesté alors que l’intégrité territoriale du Pays reste éprouvée par les offensives armées du Rwanda dans l’Est
C’est précisément sur ce terrain que Patrick KATENGO entend replacer le débat : celui de la responsabilité historique, de la transparence politique et de l’obligation de Joseph KABILA de rendre compte devant la Nation Congolaise.
L’alternance Présidentielle de janvier 2019 constitue, dans cette analyse, un tournant majeur dans la bataille pour l’autonomie politique de la République. Investi le 24 janvier 2019, Félix-Antoine TSHISEKEDI avait initialement gouverné dans le cadre d’une configuration politique marquée par la coexistence de sa coalition CACH et du FCC de Joseph KABILA, qui conservait une influence négative considérable au sein des institutions. La rupture progressive entre les deux camps, puis l’affirmation de l’autorité politique du nouveau Président, ont mis au jour une confrontation profonde sur le contrôle de l’État, l’orientation du pouvoir et la capacité du Congo à déterminer librement ses choix stratégiques. Patrick KATENGO interprète cette évolution comme une lutte entre la préservation des anciens rapports de force et la volonté de rétablir une décision nationale affranchie de toute tutelle du Rwanda. Dans cette perspective, l’héritage d’Étienne TSHISEKEDI, père de l’actuel chef de l’État, incarne une tradition de défense de la souveraineté que le président du FNJ estime indispensable de réhabiliter. Il évoque également la mort tragique sous le règne de Joseph KABILA du Patriote Colonel Mamadou NDALA et celle d’autres militaires engagés contre l’ agression Rwandaise, dont les sacrifices continuent de nourrir les interrogations de l’opinion sur le vrai responsable de ce crime. Pour Patrick KATENGO, aucune Paix durable ne peut être construite sur l’oubli des victimes ni sur l’occultation des circonstances de leur disparition. Il réclame que les faits soient établis, que les éventuelles responsabilités soient identifiées et que la justice puisse s’exercer sans considération de rang, de réseau ou d’appartenance politique. La gravité de ces événements atroces sous le règne de Joseph KABILA interdit aussi bien l’impunité.
À l’adresse des populations de l’Est, meurtries par des décennies de violences, de déplacements forcés et de prédation économique, Patrick KATENGO lance un appel sans équivoque à la vigilance patriotique : « N’ayez pas la mémoire courte. » Cette formule résume son refus de voir les souffrances Congolaises transformées en marchepied pour des ambitions politiques personnelles. Il conteste à Joseph KABILA toute prétention à incarner un leadership quelconque dans ce Pays. Pour le Président du FNJ, le patriotisme ne se proclame pas : il se démontre par des actes, par la défense de l’intégrité territoriale et par une fidélité constante aux intérêts du Peuple Congolais. Aucun ancien statut présidentiel ne saurait constituer un bouclier contre les interrogations légitimes de la Nation . C’est pourquoi Patrick KATENGO appelle à rejeter les discours de circonstance, les stratégies de diversion et toute entreprise susceptible d’exploiter la détresse des populations à des fins de conquête du pouvoir. Face à l’agression Rwandaise et aux menaces qui pèsent sur l’unité nationale, il exhorte la Jeunesse à demeurer mobilisée, vigilante et attachée à la vérité historique.
Le Congo ne peut bâtir son avenir sur l’amnésie, les arrangements opaques ou la répétition des mêmes erreurs. La souveraineté nationale, la protection des populations et la manifestation de la vérité doivent prévaloir sur les intérêts individuels, les calculs partisans et les alliances de circonstance. Devant l’histoire, nul ne devrait être condamné sans preuve, mais nul ne devrait non plus être soustrait à l’examen de ses actes.
