
Depuis vingt ans, son nom est associé au syndicalisme au sein de l’administration douanière du Grand Katanga. Élu en 2005, à une époque où l’actuelle Direction générale des douanes et accises (DGDA) portait encore le nom d’Office des douanes et accises (OFIDA), Paul LULU a traversé une profonde mutation institutionnelle sans quitter la table des négociations. Au fil des années, le président de la délégation syndicale s’est construit une réputation fondée sur l’écoute, la concertation et la défense des intérêts professionnels des agents et cadres. Dans son bureau, où il revient sur cette longue trajectoire, il attribue sa présence durable à la tête de la représentation syndicale à une succession de circonstances institutionnelles, mais aussi à la confiance de ses collègues. « Avant, nous étions un Office et c’est le ministère du Travail qui organisait les élections syndicales. Depuis que nous sommes devenus une Direction, nous dépendons du ministère de la Fonction publique. Or, depuis 2009, le ministère de la Fonction publique n’a jamais convoqué les élections », explique-t-il. Depuis lors, affirme-t-il, la délégation syndicale a poursuivi sa mission sans contestation de la part des agents. Cette continuité, dans un univers professionnel où les rapports entre administration et personnel peuvent parfois se révéler sensibles, Paul LULU la présente moins comme une affaire personnelle que comme le résultat d’une relation de confiance entretenue avec les travailleurs et d’une conception du syndicalisme privilégiant la médiation plutôt que la confrontation.
À l’heure du bilan, Paul LULU se garde d’ailleurs de personnaliser les acquis et insiste sur le caractère collectif de l’action syndicale. Il cite notamment les démarches ayant contribué à l’engagement de travailleurs temporaires, la création d’une caisse de solidarité permettant aux agents retraités de récupérer leurs cotisations, ainsi que les efforts déployés pour faciliter l’accès des agents au crédit bancaire. Selon lui, la DGDA bénéficie aujourd’hui d’une crédibilité suffisante auprès des établissements financiers pour permettre à son personnel de recourir plus facilement au crédit. Il met également en avant la régularité du paiement des salaires et un climat social désormais plus apaisé, marqué, affirme-t-il, par la fin des mouvements de grève qui avaient pu caractériser certaines périodes antérieures. Derrière ces avancées, le président de la délégation syndicale renvoie constamment au travail du Comité syndical national et de ses relais provinciaux, refusant d’en faire le bilan d’un seul homme. Dans l’espace Grand Katanga, son parcours de deux décennies apparaît ainsi comme une chronique du dialogue social au sein d’une administration stratégique pour les finances publiques : vingt années au cours desquelles Paul LULU affirme avoir privilégié la proximité avec les agents, la négociation avec l’employeur et la recherche d’équilibres susceptibles de préserver à la fois les droits du personnel et la continuité du service public.
