
Dans le cadre de la préparation du Dialogue national, Patrick KATENGO, Président du Forum National de la Jeunesse, défend une position jugée sans ambiguïté. Selon lui, l’ouverture politique ne doit pas conduire à confondre l’opposition démocratique avec les mouvements armés impliqués dans la conquête ou le contrôle de portions du territoire national aux côtés de l’agresseur rwandais. Son argument prend de l’ampleur alors que Martin FAYULU plaide pour l’intégration au Dialogue d’acteurs qui font la guerre et contrôlent des espaces du pays sous l’impulsion de Kigali, affirmant que leur exclusion comporterait un risque de « balkanisation ». KATENGO, lui, soutient que le Dialogue doit rester un cadre de paix et de refondation de l’État, et s’oppose explicitement à la participation de l ‘ AFC/M23.
Au cœur du désaccord, selon les défenseurs de la ligne de KATENGO, se trouve la question de la légitimité. Le Dialogue, disent-ils, peut chercher des mécanismes pour sortir de la guerre, mais cela ne signifie pas pour autant accorder une place de décision dans la recomposition institutionnelle à des acteurs armés. La logique avancée s’appuie sur le principe rappelé par le Président Félix TSHISEKEDI : aucun mouvement armé ne peut invoquer l’inclusivité pour obtenir, par la force, ce qu’il n’aurait pas conquis par les voies démocratiques. Pour KATENGO, l’inclusivité doit rassembler les sensibilités politiques et sociales, sans transformer la pression militaire en moyen d’accès à la table de décision nationale.
