
Le Président du Forum National de la Jeunesse, Patrick KATENGO, entend faire du dossier des FDLR un révélateur des contradictions qui persistent au cœur de la crise des Grands Lacs. Il salue les déclarations de Massad Boulos, conseiller spécial du Président Américain Donald TRUMP pour l’Afrique, et de James Swan, représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies pour la RDC, qu’il interprète comme un rappel de la nécessité de traiter la menace des groupes armés dans un cadre vérifiable, plutôt que de l’ériger en justification permanente de la présence de forces étrangères en territoire Congolais. Le rapatriement, le 8 septembre, de 120 membres des FDLR et de leurs personnes à charge depuis Walikale vers le Rwanda, sous la coordination de la MONUSCO et des autorités des deux Pays, constitue à ses yeux un fait politique majeur. D’autant que, dans le mécanisme de suivi issu des accords de Washington, six zones avaient été identifiées comme susceptibles d’abriter des éléments FDLR, dont cinq seraient, selon Kinshasa et la communauté internationale, sous le contrôle du Rwanda et de l’AFC-M23, tandis que Walikale demeure la seule zone identifiée sous contrôle Congolais. Pour l’Honorable Patrick KATENGO, cette configuration bouleverse la logique d’un argument sécuritaire longtemps invoqué par KIGALI : si les éléments FDLR peuvent être identifiés, désarmés et rapatriés dans le cadre d’un mécanisme international, leur présence ne saurait constituer un blanc-seing permettant de prolonger une intervention militaire sur le territoire d’un État souverain. La sécurité du Rwanda, soutient-il, ne peut être dissociée du respect de la souveraineté de la RDC.
Cette lecture conduit le Président du FNJ Patrick KATENGO à adresser à Kigali une exigence sans détour : tirer les conséquences de cette nouvelle donne et évacuer les forces Rwandaises du territoire Congolais. À l’approche de l’Assemblée générale des Nations unies, le Président du FNJ estime que la diplomatie internationale se trouve face à un test de crédibilité : les engagements de Washington ne peuvent produire une paix réelle si le désarmement des groupes armés est exigé d’un côté tandis que la question de la présence militaire étrangère demeure sans réponse de l’autre. Pour lui, la séquence actuelle doit donc imposer une logique de réciprocité : neutralisation effective des groupes armés, rapatriement contrôlé des combattants étrangers, respect scrupuleux du cessez-le-feu et retrait des forces étrangères doivent constituer les différentes faces d’un même processus. Dans un Est Congolais épuisé par les violences, les déplacements de populations et l’effondrement du tissu social, prolonger les ambiguïtés reviendrait, selon Patrick KATENGO, à condamner les civils à une guerre sans terme. Son message à KIGALI est dès lors autant diplomatique que politique : l’alibi sécuritaire ne peut survivre indéfiniment à la disparition progressive de la menace qu’il prétend justifier. Et si Washington et les Nations unies veulent donner une portée historique aux engagements de Paix, estime-t-il, leur responsabilité consiste désormais à obtenir de chaque partie qu’elle respecte ses obligations — jusqu’au rétablissement plein et entier de la souveraineté Congolaise sur l’ensemble du territoire National.
