
À Lubumbashi, la marche organisée le samedi 29 août contre l’initiative de Dialogue National portée par le Président Félix Antoine TSHISEKEDI aura surtout révélé une vieille tentation de la politique Congolaise : faire de la Jeunesse l’ épicentre des ambitions des adultes.
Pour l’Honorable Patrick KATENGO, Président du Forum National de la Jeunesse, la mobilisation de quelques Jeunes contre le dialogue ne saurait être dissociée de ce qu’il considère comme une stratégie d’instrumentalisation politique dont Moïse KATUMBI serait l’un des principaux artisans. Le Président du FNJ livre ainsi une critique particulièrement sévère à l’égard de l’ancien gouverneur du Katanga, qu’il accuse de chercher à conserver une influence sur la Jeunesse haut-katangaise tout en menant son combat politique depuis l’extérieur du Pays au lieu de venir faire face à l’ agression Rwandaise dont la RDC est victime.
Le reproche est cinglant : à défaut de convaincre par un projet susceptible de fédérer, certains responsables politiques ,dont Moïse KATUMBI cherchent désormais à mobiliser une génération par le refus, le slogan et la confrontation. Patrick KATENGO refuse cette logique et invite les Jeunes à regarder au-delà des mots d’ordre. Car une génération confrontée aux conséquences d’une guerre qui éprouve la Nation ne peut raisonnablement être réduite à une force de frappe politique pour les ambitions d’un homme ou d’un camp. Le droit de s’opposer au dialogue est parfaitement légitime ; ce qui l’est moins, aux yeux de KATENGO, serait de faire croire à des Jeunes qu’ils doivent nécessairement dire « non » parce qu’un leader politique leur demande de le faire. La Jeunesse haut-katangaise n’est pas une clientèle politique, encore moins une propriété électorale. Elle possède une intelligence, une dignité et une capacité de discernement qui devraient rendre beaucoup plus difficiles les entreprises d’instrumentalisation. À Moïse KATUMBI comme à tous ceux qui prétendent parler en son nom, le message du Président du FNJ Patrick KATENGO est donc sans détour : les Jeunes Congolais ne sont pas nés pour porter les frustrations ou les ambitions des dirigeants ; ils sont nés pour construire leur propre avenir et celui de leur Pays.
La charge de Patrick KATENGO prend une dimension plus politique encore lorsqu’elle est replacée dans le contexte actuel de la RDC. Alors que le Pays fait face à une crise sécuritaire majeure à l’Est et que la question de la cohésion nationale demeure centrale, le Président du FNJ estime que la priorité de la Jeunesse haut-katangaise doit être ailleurs : dans la défense de la souveraineté, la consolidation de l’unité nationale et la vigilance face à l’agression Rwandaise.
Pour lui, consacrer l’énergie de toute une génération aux ambitions égoïstes de certains opposants revient à détourner son regard des véritables urgences nationales. Sa critique de Moïse KATUMBI s’inscrit précisément dans cette dénonciation d’une politique qui, selon lui, cherche à transformer les Jeunes en instruments de contestation plutôt qu’en acteurs de transformation. Une Jeunesse manipulée peut remplir une avenue ; une Jeunesse consciente peut remplir une Nation de projets. « Ne soyons pas des Jeunes qu’on utilise. Soyons des Jeunes qui réfléchissent. Ne soyons pas une foule. Soyons une force de conscience », résume Patrick KATENGO.
