
À bâtons rompus, le chef de Division provinciale du Commerce extérieur Haut Katanga, Prosper KIBOKO, a livré à Échos du Congo une lecture particulièrement éclairée des enjeux qui se jouent autour de la protection du marché Congolais face à la concurrence des économies de l’Afrique australe. Dans son analyse, les mesures arrêtées par le Ministère National du Commerce extérieur commencent à produire des résultats tangibles, en dépit de la persistance de quelques entrées frauduleuses qui continuent de fragiliser les efforts de régulation. Pour le responsable provincial du commerce extérieur, la finalité de cette politique est avant tout économique et sociale : préserver les industries locales, renforcer leur compétitivité et leur permettre de jouer pleinement leur rôle de pourvoyeurs d’emplois. Car derrière chaque unité industrielle protégée, souligne-t-il en substance, se trouve une capacité supplémentaire à absorber le chômage et, par ricochet, à réduire les facteurs socio-économiques susceptibles d’alimenter le banditisme. Prosper KIBOKO s’est toutefois insurgé contre certaines pratiques de fractionnement des marchandises en provenance de la Zambie, qu’il considère comme une véritable hémorragie pour les recettes et l’économie nationales. Cette situation, déplore-t-il, commande une vigilance accrue aux frontières et une application cohérente des instruments de défense commerciale, afin que la libre circulation des échanges ne devienne jamais un prétexte à l’affaiblissement de la production congolaise.
Mais l’ambition portée par Prosper Kiboko ne se limite pas au contrôle des frontières : elle s’inscrit dans une vision plus large de promotion du potentiel économique du Haut-Katanga. Parmi les projets auxquels il accorde une importance particulière figure la construction de la Foire internationale de Lubumbashi (FILU) sur une superficie de 45 hectares, infrastructure appelée, selon lui, à devenir une véritable vitrine de la production congolaise et un catalyseur de l’activité économique provinciale. Le Haut-Katanga a déjà démontré sa capacité à rivaliser sur la scène régionale, notamment à travers sa participation à plusieurs foires où ses produits locaux ont été remarqués, jusqu’à décrocher à plusieurs reprises la distinction de meilleur exposant à Ndola. L’étape suivante consiste désormais à transformer cette capacité de représentation en véritable force commerciale. Dans cette perspective, le chef de Division plaide également pour une politique d’accompagnement plus incitative en matière de certification, notamment par l’instauration d’un tarif d’encouragement de l’Office congolais de contrôle (OCC) au bénéfice des petites et moyennes entreprises du Haut-Katanga. À ses yeux, faciliter l’accès à la certification revient à ouvrir aux producteurs locaux les portes de marchés plus exigeants et à donner au « made in Haut-Katanga » les moyens de s’imposer avec crédibilité, qualité et compétitivité dans l’espace régional.
