
Pendant quelques années, le Haut-Katanga s’est distingué comme un modèle de stabilité institutionnelle et de dynamisme économique sous la conduite du Gouverneur batisseur Jacques KYABULA. Cette province, considérée comme l’un des principaux moteurs du développement national, avait réussi à préserver un climat politique relativement apaisé malgré les turbulences qui secouaient parfois d’autres entités du Pays. Aujourd’hui, cet équilibre apparaît fragilisé par des tensions politiques croissantes dont la motion de défiance initiée contre le Président de l’Assemblée Provinciale et son bureau constitue l’expression la plus visible. Portée par certains députés de l’Ensemble pour la République et soutenue par une frange d’ élus de l’UDPS proches du gouverneur intérimaire Martin KAZEMBE, cette démarche est perçue par une partie de l’opinion comme le symptôme d’une lutte d’influence qui dépasse largement le cadre des prérogatives parlementaires et des débats institutionnels.
Au-delà des enjeux officiellement avancés, de nombreux observateurs établissent un lien entre la crise actuelle et les divergences persistantes qui opposeraient deux figures importantes de l’UDPS au Haut-Katanga : Michel KABWE et Martin KAZEMBE. Les séquelles de l’affaire relative à la vente controversée d’un terrain écologique au Pasteur LAMBALAMBA durant le passage de Martin KAZEMBE à la Mairie de Lubumbashi continuent d’alimenter les commentaires et les interprétations politiques. Bien que les protagonistes n’aient jamais ouvertement présenté leurs différends sous cet angle, la perception d’une confrontation indirecte gagne du terrain dans l’opinion publique. Pendant que les calculs politiques et les rapports de force occupent le devant de la scène, les préoccupations essentielles de la population se résument en : développement, emploi, infrastructures et cohésion sociale. Ceux- ci risquent d’être reléguées au second plan. Plus que jamais, le Haut-Katanga a besoin d’un sursaut de responsabilité politique afin de préserver les acquis de stabilité qui ont longtemps fait sa force et sa singularité. Beaucoup réclament pour le moment au Chef de l’ État, la tenue de l’ élection du gouverneur pour mettre fin à cette cacophonie.
