
Vendredi 18 septembre, au matin, Lubumbashi a vu réapparaître un homme très familier de sa scène politique. Après plus d’une année passée à Kinshasa, Jacques KYABULA a franchi à nouveau les portes de son domicile, accueilli par une foule compacte venue lui témoigner son attachement. Les voix se mêlent, les poignées de main se succèdent, les regards cherchent celui qui, pendant de longs mois, avait été éloigné de sa base provinciale. Dans cette scène de retrouvailles, l’ancien Gouverneur du Haut-Katanga choisit rapidement de parler politique. « Ils ont cru que je suis un homme fini. Je ne suis pas un homme fini », lance-t-il devant ses soutiens. Puis vient l’affirmation de loyauté envers le Président Félix-Antoine TSHISEKEDI et, surtout, la promesse d’une nouvelle étape : « J’ai encore une mission pour le Haut-Katanga et l’espace Grand Katanga. Je suis le baba du Haut-Katanga. Je suis un Homme du dialogue et je compte matérialiser le dialogue national dans la vision du Chef de l’État. » À travers ces mots, Jacques KYABULA entend transformer son retour en message politique : l’éloignement n’aurait pas rompu le lien avec sa base, et son départ de la tête de l’exécutif provincial n’aurait pas signifié la fin de son engagement. Après sa démission du gouvernorat en mai 2026, son retour à Lubumbashi ouvre ainsi une séquence nouvelle, dont il reste encore à mesurer la portée.

Dans sa résidence, la présence des cadres de l’ARDEV, conduits notamment par l’Honorable Samuel KILOLO, donne à la scène une dimension supplémentaire. Autour du Président Jacques KYABULA, les fidèles de son appareil politique veulent montrer que le temps n’a pas dissipé les réseaux constitués au fil des années. La foule, elle, devient le décor vivant de cette rentrée politique. Président national de l’ARDEV, Jacques KYABULA revient dans une province où son nom reste associé à une période importante de la vie politique locale et où son parti a récemment connu des contestations internes. La décision du Tribunal de grande instance de Lubumbashi du 29 juillet 2026, confirmant sa qualité de Président national statutaire de l’ARDEV, a constitué l’un des épisodes de cette bataille autour de la direction du parti. Son retour n’annonce, à ce stade, aucune nouvelle fonction institutionnelle ; il marque plutôt la volonté affichée de reprendre place dans le débat public. En se présentant comme « un Homme du dialogue » et en revendiquant une mission pour le Haut-Katanga et l’espace Grand Katanga, Jacques KYABULA inscrit son discours dans la perspective du dialogue national porté par le Chef de l’État. À Lubumbashi, ce vendredi matin, son message était donc moins celui d’un Homme qui revient que celui d’un responsable qui entend rappeler qu’il demeure dans le paysage : « Ils ont cru que je suis un homme fini. » Une phrase lancée à une foule, mais surtout une manière de signifier que, pour lui, l’histoire politique n’est pas encore arrivée à son dernier chapitre.
