
La vie politique est souvent le théâtre de métamorphoses aussi soudaines qu’instructives. Au Haut-Katanga, les récents positionnements de certains traîtres cadres de l’ARDEV suscitent de nombreuses interrogations quant à la nature véritable de leur engagement. Hier encore présentés comme des défenseurs d’une vision collective, les voilà aujourd’hui engagés dans une démonstration de loyauté d’hypocrisie affichée envers Martin KAZEMBE, au point de donner l’impression que les convictions peuvent parfois céder le pas aux impératifs du moment. Cette évolution spectaculaire nourrit le débat sur la place des principes dans l’action politique de certains politiciens et sur la frontière parfois ténue entre fidélité et opportunisme stratégique guidé par le ventre.
Ce qui frappe davantage l’observateur attentif, c’est la rapidité avec laquelle certains discours changent au gré des circonstances. Dans toute organisation politique, la divergence d’opinions est légitime et même nécessaire. Toutefois, lorsque les repositionnements interviennent précisément au moment où se redessinent les équilibres du pouvoir, ils prêtent inévitablement le flanc aux critiques. Nombreux sont ceux qui y voient moins une adhésion sincère à une nouvelle orientation qu’une tentative de préserver des intérêts que ces affamés politiques croient devenus vulnérables face aux mutations en cours. Ainsi, les déclarations de fidélité à Martin KAZEMBE prennent l’apparence d’un refuge politique destiné à sécuriser des avantages que l’évolution de la conjoncture menace de remettre en question.
L’histoire enseigne pourtant que les organisations survivent rarement aux logiques fondées exclusivement sur les intérêts personnels. Les hommes passent, les fonctions changent, mais les principes demeurent le véritable ciment de toute famille politique durable. À vouloir substituer les calculs individuels à la constance des convictions, ces acteurs politiques marionnettes risquent de fragiliser davantage leur crédibilité . Car l’opinion publique, souvent plus lucide qu’on ne le croit, finit toujours par distinguer ceux qui servent une cause de ceux qui servent avant tout les circonstances. Martin KAZEMBE sait très bien qu’ il doit partir, malheur à ceux qu’ il entraîne dans sa chute libre.
