
Dans la salle Arupe, à Lubumbashi, l’image restera forte : plus de cent chefs religieux réunis, venus de tout l’espace Grand Katanga, assis côte à côte dans une rare convergence d’intentions. Sous la coordination provinciale de la CONACCE Chaplains du Haut-Katanga, dirigée par le lieutenant-colonel KAPAY KAPENGE Ken, cette rencontre n’avait rien d’ordinaire.

Elle portait en elle une urgence silencieuse : la restitution de la consultation pour réapprendre à vivre ensemble dans une société traversée par des fractures multiples. Dès les premières interventions, le ton était donné — il ne s’agissait pas simplement de débattre, mais de poser les bases d’un engagement durable en faveur de la Paix.

Le premier axe, consacré à la médiation et à la gestion des conflits, a structuré l’essentiel des échanges. Avec une approche à la fois méthodique et accessible, le lieutenant-colonel KAPAY KAPENGE Ken a insisté sur les fondamentaux du rôle de médiateur : comprendre la nature et la typologie des conflits, en analyser les causes profondes, anticiper les tensions avant qu’elles ne dégénèrent.

Il a également souligné l’importance d’attitudes clés — neutralité, écoute active, sens des responsabilités, diplomatie — tout en rappelant que la finalité reste l’obtention d’un accord équilibré, bénéfique à toutes les parties. Ce socle technique a trouvé un écho spirituel dans l’intervention du Bishop KABAMBA, venu des États-Unis, Ambassadeur Universel de la Paix, qui a replacé la cohabitation pacifique dans une dimension morale et divine, invoquant la parabole du bon samaritain comme boussole éthique pour les hommes de foi.

La seconde articulation de la rencontre a permis de restituer les résolutions issues de la consultation. Au-delà des discours, une vision concrète s’est dessinée : la création d’un cadre permanent dédié à l’éducation au Vivre-Ensemble dans le Grand Katanga, avec l’appui des gouvernements provinciaux. Mais cette ambition s’est accompagnée d’un diagnostic lucide.

Les chefs religieux ont pointé du doigt plusieurs obstacles majeurs : l’intrusion de la politique dans les dynamiques socioculturelles, l’instrumentalisation des communautés, la précarité persistante et la montée des discours de haine. Face à ces dérives, un consensus s’est imposé : il devient impératif de restaurer le rôle central des institutions religieuses comme espaces de cohésion et de régulation sociale.

Au terme de cette rencontre, un sentiment domine : celui d’un engagement renouvelé, porté par une volonté collective d’agir. Les participants ont appelé à des initiatives concrètes en faveur des plus vulnérables — orphelinats, quartiers défavorisés, populations marginalisées — afin de traduire les principes en actions visibles.

Et déjà, la dynamique s’élargit : une nouvelle consultation est annoncée pour ce samedi 02 mai, cette fois avec la société civile. À Lubumbashi, cette restitution marque moins une conclusion qu’un point de départ, celui d’un processus où la foi se met au service du lien social, et où le vivre ensemble devient une responsabilité partagée, à construire jour après jour. Route de succès à la Conacce Chaplains.
