
Au milieu du tumulte des réseaux sociaux, l’Accord de WASHINGTON est devenu le porte-étendard d’une polémique qui en dit davantage sur les réflexes de la classe politique Congolaise que sur la lettre du texte. L’opposition y voit une cession de souveraineté, sans toujours offrir une voie de sortie crédible à un conflit qui ravage l’Est depuis plus de trois décennies. Elle pourfend le Président TSHISEKEDI moins pour son rapprochement avec WASHINGTON que pour avoir bousculé des rentes anciennes: le pouvoir pour le pouvoir, l’enrichissement illicite, l’impunité comme moteur du jeu politique, parfois jusqu’à pactiser—ou fermer les yeux—devant les intérêts de l’ennemi ( l’ agression Rwandaise). Habituée aux conclaves sans lendemains, aux dialogues en série et aux réconciliations de façade, une partie de l’élite a trop souvent sacrifié l’intérêt général sur l’autel des égos, du tribalisme instrumentalisé et du partage de postes. Le peuple, réduit au rôle de variable d’ajustement, n’est convoqué que pour être manipulé, au gré de syndromes de division savamment entretenus.
Face à ce cycle de dévoiements, l’option WASHINGTON apparaît moins comme une fuite en avant que comme un pari d’État: verrouiller l’avidité interne, assécher les réseaux d’alliances prédatrices et replacer la sécurité et la reconstruction au cœur d’un agenda mesurable. En déjouant un système où des «fils du Pays» s’abreuvaient aux mamelles d’intérêts Rwandais et transnationaux, le Président TSHISEKEDI assume une Diplomatie de rupture—audacieuse, donc contestée.
Reste l’essentiel: après plus de trente ans de massacres, de pillages miniers et d’économie d’ombre, les Congolais n’attendent plus des promesses, mais des preuves. Retrait effectif des agresseurs et leurs supplétifs. Traçabilité des minerais. Retour des services régaliens. Justice pour les victimes. Routes et écoles qui tiennent.
Si l’Accord de WASHINGTON catalyse ce basculement, il ne sera ni reddition ni vassalité, mais l’expression d’une souveraineté rendue tangible par la responsabilité et la performance.
Entre vacarme et vertu, le Pays n’a plus le luxe d’hésiter. Que le «mariage» TRUMP–TSHISEKEDI —au-delà des noms Propres—se juge d’abord à l’aune de la Paix retrouvée et du développement partagé, à l’Est comme sur l’ensemble du Territoire National.
