
Dans une interview exclusive accordée à Échos du Congo ce lundi 02 février 2026 à son bureau de travail, le Conservateur des Titres Immobiliers de la Circonscription Foncière Lubumbashi-Est, KALOMBO WA KASONGO VINCENT , est formel: la prétendue spoliation du terrain de football de l’entreprise Tabac Congo relève, à ce stade, de la rumeur faute de preuve. Juriste et politologue de formation, il rappelle le cadre légal: aucune tierce personne n’a saisi l’administration conformément aux articles 85, 86, 87, 88 et 89 de la loi foncière pour solliciter une remise en droit. À défaut de saisine régulière, l’administration ne peut se substituer aux parties; en revanche, si elle est saisie, elle a l’obligation de faire valoir la loi. Il précise également la nature juridique du bien en cause: le terrain en question relève du domaine privé; l’entreprise Tabac Congo, même en faillite, demeure une entité privée. Or, ce qui est privé relève de l’initiative privée; ce qui est public procède de l’initiative de l’État. À ce jour, son service n’a reçu de la hiérarchie qu’un document à vérifier, lequel semble, à première vue, se rapporter à l’espace au cœur des polémiques en ligne. Si la population estime cependant que ce terrain présente une utilité publique, une démarche citoyenne graduelle s’impose: pétition à la cellule, au chef de quartier, puis au bourgmestre, qui saisirait le maire qui après instructuirera le service technique compétent. Conclusion sans ambiguïté: la circonscription foncière de Lubumbashi-Est n’est, ni de près ni de loin, impliquée dans «l’affaire du terrain» Taba Congo à ce stade.
Interpellé sur les démolitions d’ouvrages édifiés dans la concession de la RVA, le CTI Vincent recentre le débat sur le principe de légalité et la primauté de l’intérêt général: l’administration publique fonctionne selon la loi et les règlements; l’État détient l’imperium. Le cas précis concerne l’aéroport international de la Luano, appelé à se conformer aux normes de l’Organisation de l’aviation civile internationale, condition sine qua non pour son homologation. Le contentieux n’est pas nouveau: dès 2016, une commission ministérielle tripartite (Transports, Affaires foncières, Intérieur) avait délimité le site de la RVA. Malgré cette clarification, des constructions ont proliféré. Face à l’exigence d’homologation — vitale pour le commerce et la mobilité —, l’État n’a d’autre choix que de supprimer les empiètements. De nombreux propriétaires se trouvent en irrégularité manifeste; une minorité brandit des titres qui, le cas échéant, devront être authentifiés. L’équation est claire: prévenir la sanction internationale et garantir la sécurité aéronautique commande l’exécution des décisions, même au prix de mesures impopulaires.
Sur son bilan, un an et trois mois après sa prise de fonctions à la tête de la circonscription foncière de Lubumbashi-Est, KALOMBO Wa KASONGO VINCENT salue l’héritage de son prédécesseur, le Professeur Franck MUKADI , qui a su structurer et asseoir l’administration. Son cap, désormais, vise deux fronts prioritaires: la lutte contre les réseaux mafieux et la résorption des conflits fonciers dans toutes leurs dimensions. Il met en exergue la nouvelle loi dite « O’ NEIGE », qui engage pénalement et civilement les responsables et agents des Affaires foncières, renforçant la redevabilité et l’éthique du service public. En filigrane, un message constant: la rigueur procédurale n’est pas un formalisme, mais la meilleure garantie pour distinguer les clameurs des faits, sécuriser les droits légitimes, et faire primer l’intérêt général dans la gestion du foncier urbain.
