Mairie de Lubumbashi : Où Passent Les Taxes Des Lushois

Dans la deuxième Ville du Pays, la fiscalité urbaine ressemble à un puits sans fond: les taxes s’empilent, la redevabilité s’évapore. Pendant que l’Hôtel de Ville érige l’“assainissement du centre” en mantra, l’essentiel est laissé en friche. Lubumbashi manque cruellement de toilettes publiques, ses artères sont livrées aux enfants de la rue, ses routes urbaines ne sont presque jamais réfectionnées à l’initiative de l’ Hôtel de Ville, et aucun marché moderne digne de ce nom n’a vu le jour depuis plusieurs années . Pire, le siège de la Mairie, bâtiment de cinq étages, affiche lui-même les stigmates d’une malpropreté chronique, parfois accompagnée d’odeurs nauséabondes—symbole saisissant d’une gouvernance qui prêche l’hygiène au dehors et l’ignore chez elle. Depuis des années, aucun plan environnemental crédible n’est mis en œuvre: ni stratégie de gestion des déchets, ni programme structuré de reboisement, ni politique d’inclusion sociale pour réintégrer les mineurs en situation de rue et sécuriser l’espace public.

Dès lors, la question s’impose: à quoi servent les recettes issues de cette kyrielle de taxes Urbaines—jusqu’à la toute récente “taxe de péage urbain”? Les Lushois, qui payent sans voir, sont en droit d’exiger transparence et résultats: publication trimestrielle des budgets et de leur exécution, audits indépendants, appels d’offres ouverts pour les travaux publics, indicateurs mesurables (nombre de toilettes publiques fonctionnelles, kilomètres de voirie réhabilités, marchés modernisés, arbres plantés, centres d’accueil opérationnels). Tant que l’action publique se résumera à un vernis d’assainissement du Centre-Ville, Lubumbashi restera une vitrine lustrée aux bords, mais creuse en profondeur. Le temps n’est plus au populisme . Où va l’argent des Lushois? La Mairie doit répondre, avec des faits et des chantiers, pas des promesses stériles.

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