
Tribune de Richard ILUNGA, Ministre Provincial Honoraire
La guerre à l’Est de notre pays, qui perdure depuis plus de trente ans, ne saurait être réduite à un simple conflit interne. Elle constitue, de fait, un alibi durable facilitant l’exploitation illicite de nos immenses richesses minières et l’implantation progressive de populations étrangères sur le territoire national. Cette situation profite ouvertement au Président Paul Kagame, à son pays, le Rwanda, ainsi qu’à d’autres dirigeants bellicistes et révisionnistes de la région, sans oublier des intérêts obscurs, notamment multinationaux, dont l’implication directe ou indirecte dans l’instabilité chronique de l’Est de la République démocratique du Congo n’est plus à démontrer.
Les groupes armés tels que le M23, ainsi que d’autres mouvements rebelles, ne sont pas le fruit du hasard. Ils ont été créés, instrumentalisés et entretenus pour servir des intérêts géopolitiques et économiques étrangers, au détriment de la souveraineté nationale.
Plus grave encore, certains compatriotes, à l’instar de Joseph Kabila en tête, Corneille Nangaa, Bertrand Bisimwa, Franck Diongo, Daniel Safu, Rex Kazadi, Wakantcha Jean-Claude, Jean-Claude Vuemba, et leurs sympathisants identifiés — Pero Luwara, Bibi Kapinga, Sandra Mudimbi, pour ne citer que ceux-là — ont soutenu, explicitement ou implicitement, des thèses dangereuses de rébellion, de partition et de balkanisation de notre pays. Ce faisant, ils se sont rendus complices, politiquement ou idéologiquement, et historiquement, de forces criminelles responsables des massacres de nos populations à l’Est, servant ainsi de relais ou de marchepieds à des entreprises de déstabilisation, en contradiction flagrante avec l’intérêt supérieur de la Nation.
Au nom de la continuité et de la stabilité des affaires de l’État, et au regard des perturbations institutionnelles et politiques constatées dès l’entame du deuxième mandat du Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, il apparaît nécessaire d’engager une réflexion responsable, sereine et patriotique sur l’évolution de la Constitution, avec son adoption finale par le peuple par voie référendaire.
Une telle démarche permettrait au Président de la République de disposer du temps politique, de la stabilité institutionnelle et des outils juridiques appropriés afin de mener à terme son programme et de concrétiser sa vision pour notre pays, longtemps exploité, fragilisé et marginalisé, tant sur le plan interne qu’international.
Il ne s’agit nullement d’un reniement des principes démocratiques, encore moins d’une remise en cause de l’État de droit. Il s’agit plutôt d’une adaptation réfléchie, souveraine et lucide du cadre constitutionnel aux réalités politiques, sécuritaires, sociales et historiques de la RDC, dans l’intérêt supérieur de la Nation, de son unité, de sa sécurité et de son développement durable.
La Constitution n’est pas un dogme figé ; elle est un instrument au service du peuple. Lorsqu’elle montre ses limites face aux défis existentiels d’un État agressé, pillé et fragilisé, elle doit pouvoir évoluer. Refuser ce débat, c’est accepter l’immobilisme. L’assumer, au contraire, c’est faire preuve de courage politique et de lucidité historique. Sans citer d’exemples africains, plusieurs pays occidentaux, dont la France, ont déjà, par le passé, recouru à cette exigence politique.
Afin de créer une véritable synergie nationale et de renforcer l’unité autour du Chef de l’État, nous proposons respectueusement à Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef des institutions, d’organiser le dialogue national tant sollicité et réclamé par l’opposition politique. Ce dialogue devrait, à terme, aboutir à la mise en place d’un gouvernement d’union nationale, capable de resserrer les rangs, de restaurer la cohésion nationale et de recentrer l’action publique sur l’essentiel : le développement du pays, longtemps attendu par notre peuple.
Par ailleurs, le partenariat stratégique et sécuritaire conclu entre deux États souverains, à savoir la RDC et les États-Unis, dans les domaines de la défense et de la sécurité, constitue une initiative pertinente et responsable. Il ouvre des perspectives concrètes de paix durable, de respect mutuel et de coopération gagnant-gagnant, tant sur le plan sécuritaire qu’économique. Remettre en cause ce choix stratégique revient à s’opposer aux intérêts fondamentaux de la Nation et aux aspirations profondes du peuple congolais à la paix et à la stabilité de notre pays et de la région.
L’union fait la force.
Richard Ilunga Muipatayi
Ministre provincial honoraire
