(Tribune de Monsieur Richard ILUNGA MUIPATAYI, Ministre Provincial Honoraire )
Selon le Larousse, le pouvoir est la capacité ou le droit d’agir, d’imposer une décision, d’influencer le comportement d’autrui par l’autorité, la compétence, la légitimité ou en vertu d’un mandat. En République Démocratique du Congo, le pouvoir n’est ni un privilège ni une propriété privée. Il est et demeure un mandat confié par le peuple souverain.
Nous connaissons les périls qui guettent notre leadership, les attaques persistantes contre l’exercice Démocratique, les manœuvres souterraines menées par les ennemis du progrès social. Nous refusons le silence. Le bien-être du peuple Congolais et l’essor harmonieux de notre pays sont menacés par des stratagèmes cyniques. Plus grave encore, une minorité opportuniste gravitant autour de notre leader tente de confisquer un pouvoir chèrement acquis, au mépris de l’idéal commun et des sacrifices consentis.
Le pouvoir est éphémère parce qu’aucun règne n’est éternel. Il est sacré parce qu’il engage le destin collectif. Trop souvent pourtant, ceux qui l’exercent en oublient l’origine. Prisonniers de leurs certitudes, séduits par l’illusion de la permanence, ils désapprennent l’anticipation, la remise en question et la correction des erreurs. Là commence la trahison des idéaux et l’éloignement du peuple.

L’Union pour la Démocratie et le Progrès Social n’est pas née pour accompagner l’injustice, mais pour la combattre. Aux côtés de son leader historique, le Sphinx de Limete, Étienne TSHISEKEDI Wa MULUMBA, de glorieuse mémoire, notre parti a mené trente-sept années d’une opposition acharnée et sans compromission.
Portée par le courage, la constance et la fidélité aux valeurs démocratiques, cette lutte visait à arracher le pouvoir aux mains de la dictature pour le restituer au peuple.
Beaucoup jugeaient cet objectif impossible. Qu’on se souvienne: en 1992, en Grèce, après une manifestation pacifique réclamant la réouverture de la Conférence nationale souveraine et le rétablissement de l’ordre constitutionnel — afin de permettre à Étienne TSHISEKEDI, élu à 76 % par ce forum, de poursuivre sa mission à la Primature —, nous déposâmes, en qualité de représentant plénipotentiaire de l’UDPS, un mémorandum auprès de la troïka diplomatique (États‑Unis, France, Belgique). Quelle ne fut pas notre désagréable surprise lorsque l’ambassadeur du Royaume de Belgique en Grèce, Luc Liebaut, nous opposa un refus catégorique, affirmant que nous n’accéderions jamais au pouvoir au Congo, nous assimilant à tort à un vestige du mobutisme.
Mais l’histoire des peuples ne se réduit ni aux préjugés ni aux certitudes humaines; elle s’écrit aussi selon les desseins de Dieu.
Cette lutte eut un prix: prisons, coups, humiliations, exils, assassinats de militants. Jamais l’UDPS n’a plié. Car notre horizon n’a jamais été le pouvoir pour le pouvoir, mais le pouvoir pour servir.
Dès sa création, le 15 février 1982, les pères fondateurs de l’UDPS ont tracé une ligne claire: conquérir le pouvoir pour restaurer la dignité du peuple congolais et instaurer l’État de droit. Cette mission demeure la nôtre, intacte, non négociable.
Qui d’entre nous n’a pas rêvé de voir Étienne TSHISEKEDI accéder à la Primature ou à la Magistrature suprême, en juste reconnaissance de son combat?
À plusieurs reprises, sous MOBUTU SESE SEKO, Laurent‑Désiré KABILA puis Joseph KABILA, le pouvoir lui fut proposé. Il a refusé. Il a choisi l’honneur. Il a refusé de trahir le peuple. Il a préféré mourir digne plutôt que vivre compromis.
Cet héritage constitue notre boussole militante et morale.
À l’image de Nelson MANDELA, Patrice Emery LUMUMBA , KWAME NKRUMAH et d’autres géants de la liberté, rappelons que l’exercice du pouvoir exige humilité, responsabilité, courage et remise en question permanente.

Aujourd’hui, l’UDPS porte la charge de gouverner sous la conduite du Président Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO. Homme de convictions, de simplicité et de courage, il assume l’héritage moral et politique du Sphinx de Limete. Mais nul ne gouverne seul. Militants, cadres, compagnons de lutte: chacun, à son niveau, doit se lever, agir et prendre sa part.
Le pouvoir que nous exerçons n’est pas une fin.
C’est une mission.
La trahir, c’est trahir le peuple.
La servir avec loyauté, c’est honorer nos martyrs.
UDPS, parti de lutte !
UDPS, parti du peuple !
UDPS, parti du changement !
J’ai dit.
Richard Ilunga Muipatayi
Ministre provincial Honoraire

