Dans un État de droit digne de ce nom, la clarté n’est pas un luxe : c’est une obligation. À ce titre, l’appel de Me Timothée MBUYA, figure respectée de la défense des droits humains, sonne comme un salutaire rappel à l’ordre républicain. Voilà cinq mois que le gouverneur élu du Haut-Katanga, Jacques KYABULA, a été invité à Kinshasa par sa hiérarchie. Cinq mois sans la moindre communication officielle pour éclairer l’opinion. Cette attente, lourde de rumeurs et d’incertitudes, entame la confiance des citoyens et fragilise l’autorité des institutions provinciales. Le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, a le devoir de dire le droit, d’exposer les faits, de préciser les griefs s’il en existe, et d’indiquer, en toute transparence, l’état réel de la procédure.Si la question ne relève que de dossiers administratifs, le temps a fait son œuvre : cinq mois suffisent amplement pour instruire, vérifier, trancher et notifier. Laisser perdurer le flou, c’est laisser prospérer le soupçon ; c’est exposer l’administration à l’arbitraire, la province à l’immobilisme et la démocratie à une érosion silencieuse.Me

Me Timothée MBUYA le rappelle à Echos du Congo lors de l’ interview exclusive : la République ne peut se satisfaire d’une gestion à huis clos des affaires publiques. La loi, la Constitution, le respect du suffrage des députés provinciaux — et, à travers eux, celui de tout un peuple haut-katangais — exigent une parole claire, une position assumée, une décision motivée. L’État n’est respectable qu’à la hauteur de sa capacité à rendre des comptes.Si le silence devait se prolonger, l’arbitrage du Chef de l’État s’imposerait comme un recours de responsabilité — non pour se substituer à la loi, mais pour en garantir la vigueur. L’heure n’est plus aux demi-mesures : il faut soit clarifier les reproches, soit rétablir sans délai la plénitude de l’autorité du gouverneur élu, conformément à la volonté exprimée par les députés provinciaux. Le Haut-Katanga ne peut rester suspendu à une attente indéfinie : c’est le développement de la province, la stabilité institutionnelle et la crédibilité de la gouvernance qui sont en jeu. Que la transparence l’emporte, que la règle prime sur l’ombre, et que l’État honore enfin ses promesses : la primauté du droit, l’égalité devant la procédure et le respect inconditionnel du choix souverain des représentants du peuple.

