Fumée Blanche à Lubumbashi : Joyce TUNDA Retrouve en Droit et en Fait l’Intérim de la Mairie

Lubumbashi s’est réveillée avec un souffle de restitution et de clarté institutionnelle. Après des mois de flottements, de plaidoiries et d’interprétations contraires, la « fumée blanche » a enfin percé le ciel administratif de la capitale du Haut-Katanga : Joyce Tunda KAZADI retrouve, en droit et en fait, l’intérim de la mairie de Lubumbashi. Dans le même mouvement, Patrick KAFWIMBI, jusque-là installé par arrêté ministériel à la tête de la ville, bascule dans les fonctions de maire adjoint ad intérim. Une équation paradoxale pour les uns, un rétablissement normatif pour les autres, mais surtout un signal fort de prééminence du droit sur le calcul politique.

L’instrument de cette remise en ordre est limpide et daté : l’ordonnance en référé ROR.1352 du 29 juillet 2025, rendue par le Conseil d’État, suivie de sa notification d’application émise à Kinshasa le 23 octobre 2025 par le ministère de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières. À l’appui, l’article 55 du Décret n°081 du 2 juillet 1998 sur l’organisation territoriale et administrative, pierre angulaire d’un régime d’intérim qui ne saurait être tordu au gré des conjonctures. La lettre, signée pour le Vice-Premier Ministre par la Vice-Ministre Eugénie TSHIELA KAMBA, ne laisse aucune zone grise : la « Jeanne d’Arc » de la Ville cuprifère est rétablie dans ses attributions d’intérim, et l’architecture fonctionnelle de l’Hôtel de Ville se recompose dans le respect des bornes juridiques.

Au-delà de la sémantique administrative, la portée est double. D’abord, elle réhabilite une ligne de continuité: l’intérim n’est pas une faveur, c’est une charge encadrée, qui s’exerce par délégation et s’arrête par droit. Ensuite, elle clarifie la chaîne de commandement urbaine: l’adjoint ad intérim n’est pas un contre-pouvoir, mais un appoint hiérarchique, un régulateur de charge qui garantit la fluidité des services municipaux. Lubumbashi, deuxième ville de la République, ne peut demeurer dans la brume des chevauchements; elle dépend d’une main ferme mais légitime, à la fois visible et juridiquement assise.

Reste la dimension symbolique. Surnommée par certains « Jeanne d’Arc », Joyce TUNDA n’est pas seulement réintégrée; elle est replacée dans un récit où persévérance et droit convergent. Ce récit sera jugé à l’épreuve: capacité à apaiser, à intégrer, à gouverner sans ressentiment et à transformer l’épisode en levier de performance publique. Quant à Patrick KAFWIMBI, sa reconduction comme adjoint ad intérim n’est pas un déclassement; c’est une recomposition organique qui l’invite à la coopération loyale, ce ciment discret des institutions solides.

Ca pourrait aussi vous interesser