Dans un entretien à bâtons rompus accordé au média Échos du Congo, Monseigneur Joseph KAZAKA WAZUMA, Archevêque de l’Église Orthodoxe Anglicane ( OAC- RDC) , aborde la question constitutionnelle avec une prudence rare : plutôt que de dire qu’il faut nécessairement “changer” ou “réviser”, il invite d’abord à comprendre pourquoi la Constitution actuelle mérite, en réalité, d’être davantage améliorée . Rappelant que l’actuel texte fondamental a été conçu à une période marquée par la guerre, il souligne que des failles ont déjà été relevées par plusieurs observateurs et scientifiques, notamment par le Professeur MUKADI Bony, qui l’avait qualifiée de “constitution de belligérants”. Pour Monseigneur KAZAKA WAZUMA, l’enjeu n’est donc pas partisan : c’est une exigence de clarté, de cohérence et de solidité pour un État souverain qui doit se prémunir face aux convoitises et velléités de certains États voisins.

Dans la même logique, il insiste sur un principe central : une amélioration sérieuse doit conduire à une Constitution proche des aspirations profondes de la population. Il pointe, à titre de comparaison, les accords de Sun City, qu’il associe à l’origine de la Constitution de 2005, en affirmant que le peuple doit redevenir le véritable point de référence et non un acteur marginalisé ou seulement consulté en apparence. Son souci rejoint aussi l’exigence d’éviter les ambiguïtés et les controverses qui finissent par coûter cher au Pays, évoquant notamment le risque de voir les crises se prolonger jusqu’au recours à des mécanismes des négociations. Ainsi, pour l’Archevêque Joseph, il ne s’agit pas d’un débat abstrait : il s’agit de construire un cadre constitutionnel capable de protéger la République et de favoriser une gouvernance plus stable.
Quant au modèle institutionnel, Monseigneur KAZAKA WAZUMA exprime sa préférence pour l’unitarisme, expliquant que cette option serait plus efficace au regard de la convoitise des ressources Congolaises par certains Voisins. Il élargit ensuite sa réflexion à la paix sociale, notamment dans certaines provinces, où il estime que la cohabitation pacifique a été trop souvent compromise par l’attitude des politiciens eux-mêmes : selon lui, quand ces derniers ne “trouvent pas leurs comptes”, ils instrumentalisent les jeunes, les poussant parfois vers des dérives et des provocations, notamment via les réseaux sociaux, pendant que des efforts concrets pourraient être faits pour résorber le chômage par des solutions structurantes. Enfin, il adresse deux interpellations : à la Presse Congolaise, pour rester impartiale et ne pas se limiter à relayer ce que les politiciens veulent entendre ; et à l’Église, pour jouer pleinement son rôle d’évangile de lumière, en rappelant la pensée de feu Pasteur LUKUSA : si l’Église ne parvient pas à résoudre les problèmes de sa génération, elle aura échoué à sa mission. Dans cette perspective, Monseigneur KAZAKA WAZUMA conclut que l’Église doit accompagner les Institutions de la République, mais surtout demeurer au milieu du village, là où se vivent réellement les besoins et les espoirs du Peuple.







