
Ils se sont donné rendez-vous au stand de tir des rumeurs: les tireurs de salon, prompts à viser la Gouverneure Fifi « batisseuse » MASUKA avec des cartouches d’envie et des balles traçantes de jalousie. À la première rafale, Joël KITENGE, autoproclamé chef d’orchestre du vacarme, s’imagine avoir découvert l’arme secrète: une fable mal ficelée sur la modernisation de la Cathédrale de Kolwezi, vendue comme scoop de contrebande. Il rêve d’une FIfi MASUKA SAINI suppliante, venue marchander son silence au coin d’une allée obscure. Mauvaise adresse. À Kolwezi, la Grande Dame n’est pas un « produit de derrière pluie », c’est l’architecte d’avenirs concrets: routes ouvertes, infrastructures debout, dossiers tenus, bilans assumés. Là où d’autres empilent des hashtags, elle empile des ouvrages; et pendant que les claviers s’exaltent, les Lualabais s’organisent, marchent et confirment : la Batisseuse ne débat pas avec l’orage, elle construit des toits.
Vient alors la « kinoiserie » de rigueur, ce théâtre de boulevard qui croit qu’une punchline remplace une preuve. Mais la province ne se gouverne pas à coups de mimiques. Les Lualabais, premiers bénéficiaires des chantiers, ne se nourrissent pas de ragots: ils circulent sur des axes ouverts, fréquentent des lieux réhabilités, et savent reconnaître, dans la poussière qui retombe, qui a travaillé pendant que d’autres péroraient. L’acharnement Joël KITENGE poussé à son paroxysme, finit par tourner au comique: quand l’argument s’épuise, le ton grimpe; quand le dossier est vide, on sonorise l’insulte. Or la rhétorique racailleuse de Joël KITENGE ne prend pas racine au Lualaba. Elle glisse sur une opinion vaccinée par le réel. Et plus l’on tente de peindre la Ville en gris, plus les réalisations, têtues comme des évidences, reprennent leurs couleurs. On peut bien crier au loup: les habitants, eux, ont les clés du chenil.
Reste la leçon d’itinéraire que les jeunes de Lualaba rappellent, sans hausser le ton: Fifi MASUKA n’est pas entrée en politique les poches retournées. Avant les joutes et les estrades, il y eut l’entreprise, les investissements, les immeubles et les vitrines — avenue Mwepu comprise avec un grand Magasin. Ni ses œuvres sociales, ni sa foi catholique ne datent d’hier: qu’on interroge le Grand KATANGA, la mémoire répondra. Face à cela, que pèse la gesticulation de comptoir? Un bruit qui s’éteint dès que passe la caravane. Le reste n’est que théâtre d’ombres où l’on confond l’écho avec la foule. À l’heure du bilan, les Provinces ne se comparent pas aux décibels: elles se mesurent aux ouvrages. Et dans ce match-là, les tirs croisés de la jalousie ne sont que des balles à blanc.
