
Dans la nuit du 25 au 26 février, à 1h25 précises, un acte d’une rare audace a plongé une large partie de Lubumbashi dans le noir: deux kilomètres de conducteurs haute tension ont été arrachés sur la ligne névralgique reliant le poste de Karavia au répartiteur Sud. La Société nationale d’électricité (SNEL), par la voix de sa Direction Régionale Sud et de son Directeur Ralph MBAYO, a confirmé le sabotage et détaillé l’ampleur de la rupture: Katuba, Kamalondo, Kampemba, Annexe, Lubumbashi et Kenya se retrouvent privées d’alimentation, entraînant un arrêt brutal des activités dans des quartiers résidentiels comme dans des zones stratégiques. Au-delà du simple inconfort domestique, la panne touche des infrastructures sensibles — hôpitaux, institutions publiques, centres administratifs — où l’électricité n’est pas un luxe mais une ligne de vie, soumettant patients, services essentiels et administrations à une incertitude électrique qui se compte en heures critiques.
Face à ce choc, la SNEL a présenté ses excuses aux abonnés et mobilisé, selon son communiqué, des équipes techniques “à pied d’œuvre” pour une remise en service “dans les meilleurs délais”. Mais au-delà de l’urgence opérationnelle — sécurisation du tronçon vandalisé, reconstitution des sections volées, réalimentation progressive des postes — l’événement soulève des questions lourdes: comment protéger des artères électriques aussi exposées? Quelle coordination entre forces de sécurité, autorités urbaines et opérateur pour prévenir des attaques qui visent clairement les nerfs vitaux de la Ville ?
En attendant, Lubumbashi s’organise à la lumière des groupes électrogènes et de la solidarité de voisinage, dans l’espoir d’un rétablissement rapide… et durable.
