
On croyait avoir tout vu, mais rarement un réveil aussi théâtral. Martin KAZEMBE , gouverneur intérimaire tiré de sa longue sieste institutionnelle au coup de marteau venu de Kinshasa, s’improvise soudain guide des chantiers… de son titulaire Jacques KYABULA . La mise en scène est limpide : on invite le bureau de l’Assemblée Provinciale, on aligne des élus en figurants dociles, cap à la LUANO pour montrer un aéroport “ambitieux” dont les travaux ont été relancé sous pression de Kinshasa, on s’arrête au pont Kasungami — oeuvre de Jacques KYABULA — et l’on reconditionne l’ensemble en “détermination sur le terrain”.
En vérité, ce n’est qu’un clip de rattrapage: “regardez, je sais mettre un casque et montrer du doigt”.
La communication fait du bruit, la politique fait des selfies, et la gestion, elle, attend toujours son auteur.
Car moderniser à la hâte ce qu’on a d’abord laissé somnoler, ce n’est pas gouverner: c’est tenter d’apposer sa signature sur un devoir déjà noté.
À force de repeindre l’héritage en urgence, la peinture dégouline et révèle ce qu’elle voulait masquer: l’absence de cap de l’ intérim de Martin KAZEMBE depuis juillet 2025.
Cerise sur le bulldozer, l’orchestre d’applaudissements joue à l’unisson. L’ Honorable Michel KABWE MWAMBA , dit “600”, décerne selon la communication du Vice gouverneur une “grande distinction” à 85% à “Mwana Mayo” pour la qualité d’un travail “bien fait sur terrain”.
On ne sait s’il s’agit d’un audit de chantier ou d’une figure de gymnastique politique, mais la pirouette est impeccable: l’examinateur félicite le candidat pour avoir récité à haute voix le cahier d’un autre.
Pendant ce temps, la population — convoquée comme faire-valoir — ne se laisse pas prendre: une visite guidée n’est pas une vision, un cortège n’est pas une politique, et un réveil tardif n’efface pas des mois de surplace.
Que reste-t-il, au-delà du tapage? Une vérité peu commode: les chantiers parlent mieux que les micros, et dans cette langue-là, c’est encore Jacques KYABULA qu’ils citent en auteur principal. Le reste n’est qu’une répétition générale où le figurant cherche désespérément le premier rôle.
