
Nommé en janvier 2024 à la tête du Cadastre-Lubumbashi Est, le Chef de Division du Cadastre (CDC) Julien KAPYA hérite d’un champ de mines institutionnel où se mêlent archives lacunaires, décisions administratives contradictoires et occupations de fait remontant à plusieurs décennies. L’enjeu central: l’emprise de la Régie des voies aériennes (RVA, Luano), théâtre d’une spoliation diffuse et progressive que l’État Congolais avait déjà actée dès 2016, soit huit ans avant l’arrivée de Julien KAPYA à ses fonctions de CDC.
Cette année-là, une commission mixte avait procédé à une délimitation claire de la concession à 12 km du centre Ville de Lubumbashi:
Au Nord par SOCOGIM, CONGO SPRL, SICOMINES, METTALSAT et diverses concessions privées;
A l’Est par MBWISHA à 400 mètres de la route CREC 7 et du village Luano;
A l’Ouest côté VOR par la concession NKULU MWAMBA;
Au Sud par des habitations privées et le camp Sud des agents RVA.
L’ordre de démolir les emprises illégales et d’ériger une clôture avait suivi, mais l’inachèvement des travaux a rouvert, dès 2018, la voie à de nouvelles occupations irrégulières.
Dans ce contexte de continuités défaillantes, faire porter aujourd’hui au CDC Julien KAPYA la responsabilité pleine et entière de conséquences ancrées dans des actes antérieurs relève moins d’un diagnostic qu’un réflexe de bouc émissaire.

Les cas emblématiques illustrent l’antériorité des causes et l’externalité des décisions par rapport au mandat actuel. Germain PUNGU, détenteur d’une vaste concession au sein même de la RVA, se prévaut d’un certificat de 2018, soit six ans avant la nomination de Julien KAPYA ; l’origine de son acquisition remonte à 2012 par arrêté urbain de feu l’ancien Maire SANGUZA, et l’achat du terrain RVA effectué auprès d’agents RVA, bien avant l’entrée en fonction du CDC actuel du Cadastre Lubumbashi Est.
SICOMINES ? La concession incriminée serait antérieure de dix-huit ans à l’ avènement de Julien KAPYA .
La clôture de la concession attribuée à KALEV, ancien patron des renseignements, porte des documents de 2016, soit 8 ans avant 2024.
Quant à la concession LUANO Investment, l’assiette contestée aujourd’hui daterait de 1986, quand l’actuel chef de division n’était qu’à l’ école primaire. Ces jalons temporels attestent que le cœur du problème se situe dans l’empilement de droits réels, d’autorisations locales, d’occupations tolérées et de carences de contrôle longtemps avant 2024.
Les imputations récentes, au lieu de s’attaquer à l’architecture des décisions passées, visent la figure la plus visible du moment: une facilité politique, mais une erreur analytique.
La sortie de crise exige une lecture systémique et prospective.
D’abord, un audit foncier forensique, indépendant, arrimé aux conclusions de 2016 mais élargi aux dossiers omis, pour reconstituer la chaîne des titres, qualifier les vices de procédure et hiérarchiser les droits selon la légalité et l’antériorité.
Tenir Julien KAPYA pour responsable de décennies d’inerties et de décisions antérieures revient à confondre le symptôme et la cause; l’État, lui, est attendu sur la rectification des trajectoires, pas sur la désignation d’un nouveau coupable.
