
Au Haut-Katanga, la politique tient de plus en plus du théâtre d’ombres. À cour de scène, Martin KAZEMBE, gouverneur intérimaire au parcours sinueux, s’improvise metteur en scène d’un drame où la compétence cède le pas au simulacre. Sur les réseaux, une cohorte de politicailleurs en quête de visibilité — ces affidés qui s’auto-proclament « leaders » sans ancrage réel — claironnent leur loyauté à KAZEMBE tout en cherchant à délégitimer un « Gouverneur bâtisseur », Jacques KYABULA. Son péché? Une gestion qui contrarie les appétits des nouveaux venus, lesquels poussent KAZEMBE à bricoler un remaniement à la hâte. Harponné par des alliés à la morale variable, l’intérimaire flirte avec les zones grises du droit, pactise avec des faiseurs d’influence qui troquent la vision politique contre des bénédictions ésotériques importées de Kinshasa, et transforme le débat public en farce où l’affichage remplace l’efficacité.

De l’entourage de KAZEMBE pleuvent alors mensonges, calomnies et campagnes de dénigrement, visant inlassablement Jacques KYABULA — cible commode d’une offensive verbale méthodiquement orchestrée. Mais la vraie question demeure, brutale: KAZEMBE dispose-t-il d’un mandat réel adoubé par Kinshasa, ou n’agite-t-il que des promesses creuses et des soutiens imaginaires? Dans une province où la règle s’efface trop souvent devant l’arbitraire, cette ambiguïté savamment entretenue ajoute une couche de confusion à un climat déjà saturé d’opacité.

Le spectacle offert aux Katangais confine à la désolation: une méprise collective où l’Assemblée provinciale, corsetée, peine à jouer son rôle, vidant de sa substance toute prétention de légalité. À l’horizon, la crise politique s’épaissit tandis que la majorité silencieuse gronde, exaspérée par l’écart béant entre les promesses de gouvernance et la gestion chaotique du présent. Ce théâtre — monté par KAZEMBE et ses quatre griots — souligne l’absurdité d’un système qui confond communication et cap, rumeur et capabilité. Aveuglé par l’ivresse des applaudissements de circonstance, l’intérimaire ne voit pas que la salle change de ton: les bravos faiblissent, les huées se préparent. Et lorsqu’elles éclateront, elles ne sanctionneront pas seulement une personne, mais tout un mode opératoire fondé sur l’illusion.
