Face aux tensions observées sur plusieurs sites artisanaux, notamment à Kolwezi, le gouvernement a dépêché une commission nationale conduite par Franck FWAMBA afin de mettre en œuvre la décision du ministre des Mines, Louis Watum. Présentée comme une mesure provisoire, concertée et inter-institutionnelle, cette suspension des entités de traitement ne constitue ni une interdiction ni une stigmatisation ciblée, mais un moratoire technique destiné à rétablir l’ordre et la confiance. Les irrégularités récurrentes – en particulier le contournement du cadre légal par certains opérateurs étrangers – exigeaient un recadrage ferme pour sauvegarder l’artisanat minier congolais. D’application nationale, la mesure concerne l’ensemble des sites où s’activent des Congolais de toutes les provinces, avec un objectif clair: sécuriser un secteur stratégique en garantissant la traçabilité de bout en bout.

Au cœur de la problématique se trouve l’aval des chaînes de valeur: l’identification, l’encadrement et la mise en conformité des négociants, maillon critique entre creuseurs artisanaux et structures d’achat ou de transformation. La loi réserve ce segment aux Congolais, y compris sous forme coopérative; pourtant, des dispositifs de prête-nom ont permis à des expatriés – notamment chinois et indiens – de contourner cette exigence, faussant la concurrence et siphonnant la valeur ajoutée locale. En réaffirmant l’exclusivité nationale au niveau des transitaires, l’État vise à corriger les dérives, assainir les pratiques, organiser les chaînes de valeur et sécuriser les revenus des exploitants artisanaux congolais, véritables premiers bénéficiaires du secteur. Il s’agit d’une action de protection économique autant que de justice sociale, pour des communautés minières qui doivent pouvoir travailler dans la dignité et la sécurité.

Dans cette perspective, la suspension temporaire s’apparente à un check-up légal: un temps de vérification systémique pour restaurer la traçabilité, de l’extraction à la commercialisation, et faire en sorte que les retombées profitent effectivement aux ayants droit légaux. Les autorités appellent d’ailleurs à éviter toute récupération politique dans l’espace Grand Katanga, rappelant le caractère uniforme et national de la décision.Sous

Sous l’impulsion de Louis Watum – ingénieur de formation, praticien des chaînes extractives et artisan d’une gouvernance fondée sur les données –, le ministère promeut une approche intégrée où géologie, métallurgie, économie et environnement se complètent: cartographie fine des gisements, cadastre numérique ouvert, audits indépendants, exigences ESG assorties de sanctions crédibles, dialogue communautaire codifié, fonds locaux adossés aux redevances, contractualisation équilibrée et transformation locale pour maximiser la valeur ajoutée. L’objectif n’est pas de freiner l’artisanat, mais de le rendre plus transparent, plus souverain et plus bénéfique à l’économie nationale en fermant les brèches juridiques qui minent la confiance et l’équité.

