Soutien des Agents de la Fonction Publique Provinciale à Martin KAZEMBE : Encore Une Autre Forme de Populisme Pour Asseoir Son Pouvoir Autoritaire

Ils sont venus ce lundi 22 septembre, oui. Mais pas pour applaudir. Leur présence est dictée par la peur, cette peur omniprésente qui règne dans les couloirs de la fonction publique depuis l’ intérim de Martin KAZEMBE. La crainte d’une mutation, des représailles, d’une sanction au prochain état de paie, ou d’un regard perçant depuis une fenêtre d’où rien ne peut échapper. Une fonctionnaire murmure, presque à voix basse à une interview téléphonique à Echos du Congo : « On nous a dit de sortir… on est sortis, sans connaître le motif ». Un autre, avec un sourire triste, ajoute : « Le soutien, c’est pour la photographie. Le salaire, lui, n’a pas de photogénie. »

Sur l’estrade improvisée, les discours évoquent l’élan, l’unité, l’avenir proche et le fameux « réajustement » promis depuis juillet. Ce mot, omniprésent, flotte dans l’air sans jamais se poser, tandis que les agents comptent les jours, les mois, et les petites sommes qui ne bougent pas sur leurs fiches de paie. La prime scolaire, annoncée comme une bouée de sauvetage, n’a été qu’une gorgée d’eau tiède : à peine un quart du salaire, insuffisante pour couvrir les frais, presque insultante par son emballage. À la fin, les applaudissements fusent, parce qu’on salue toujours, avant de retourner à un travail où l’on fait semblant d’être occupé — car l’administration recule quand la chasse à l’homme prend le pas sur la gestion, quand l’on guette les dissidents plus qu’on ne règle les dossiers.

Au milieu de cette assemblée, un chef de bureau serre ses mains derrière son dos, tentant d’étouffer un tremblement. Sa lassitude est palpable : « Ce n’est pas de la politique qu’on veut, c’est de la gestion. » Il ne parle pas de ruptures ni de slogans, mais de paies régulières, de primes claires, de procédures rassurantes et d’une hiérarchie qui protège le travail plutôt qu’elle n’exige la révérence. Il évoque la dignité, ce mot discret qui n’a pas besoin d’être entouré de faste.

On peut appeler cela du soutien ; d’autres y voient une chorégraphie imposée. On peut clamer que la province tient ; mais les agents savent que c’est sur leur dos qu’elle repose. Eux connaissent la vérité simple des fins de mois : le réel finit toujours par reprendre ses droits. Et ce réel, aujourd’hui, crie que rien n’a été réajusté depuis juillet, et que le Gouverneur Jacques KYABULA avait déjà régulariser la paie depuis le mois de janvier. Honte à ceux qui veulent tromper l’ opinion nationale.

Quand la foule se disperse, la peur s’estompe un instant dans les couloirs du Gouvernorat. Ils échangent des plaisanteries amères, comme pour refuser l’humiliation. Et demain, il faudra revenir avec le même stress pour parapher, pour pointer — bref, faire tourner la province, malgré la dictature du maître Martin KAZEMBE. Mais tous ont un regard tourné vers le Président de la République Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO pour le retour du Gouverneur bâtisseur Jacques KYABULA KATWE.

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